Université

Comment définir le niveau de connaissance linguistique à atteindre pour des étudiants du supérieur ? 

24/6/2021

Très régulièrement,pédagogues et linguistes se posent la question de la mesure de la progression des apprenants. Il s’agit d’ailleurs d’une des thématiques abordées lors du prochain congrès Ranacles (https://ranacles2021.sciencesconf.org). Quel niveau peut-on espérer atteindre ? Comment définir cet objectif ? Comment vérifier qu’il corresponde bien à la réalité de l’étudiant et du monde d’aujourd’hui ? Nous vous l’expliquons dans cet article

Le point de départ : la pyramide inversée du CECRL

La plupart des étudiants européens sont évalués selon le Cadre Européen Commun de Référence pour les Langues (CECRL). Ce cadre définit des paliers, qui correspondent à un niveau linguistique précis, de A1 (niveau Découverte ou Faux-débutant) jusqu’à C2 (niveau de maîtrise). Pour affiner la précision du niveau, certains tests de langue précisent des sous-niveaux (c’est le cas d’ELAO : voir ici).

Ce qui est certain, c’est qu’il faut du temps pour gravir les échelons du CECRL. Mais combien de temps faut-il précisément ? Cette précieuse information détaillée dans le graphique ci-dessous et constitue un bon point de départ pour définir un objectif de formation cohérent et réaliste. 

Par exemple, si vos étudiants ont un niveau A2 en début d’année et qu’ils ont quatre heures de cours et deux heures de préparation à la maison par semaine, cela équivaut à un total de 216 heures de travail sur les 36 semaines de cours.  Ils pourraient donc normalement atteindre le niveau B1 à la fin de l’année scolaire. Bien sûr, il ne s’agit que de valeurs théoriques qu’il faut encore remettre dans leur contexte, car de nombreux facteurs peuvent influencer la vitesse d’apprentissage.


Les facteurs qui influencent le temps d’apprentissage d’un étudiant

Nous avons listé quatre facteurs qui jouent un grand rôle dans le temps d’apprentissage d’un étudiant :

  1. La motivation 

L’implication personnelle d’un apprenant impacte grandement le temps nécessaire à l’apprentissage d’une langue. Une heure de travail menée par une personne passionnée et impliquée sera ressentie comme beaucoup plus productive et moins contraignante qu’une heure réalisée par quelqu’un de moins motivé. 

Voici quelques pistes qui pourraient booster la motivation d’un étudiant pour apprendre une langue : 

  • Lui faire découvrir la culture et les habitudes des pays de la langue cible.
  • Lui expliquer pourquoi l’apprentissage de la langue cible lui sera utile dans sa future vie professionnelle (CV, choix des métiers, évolution de la carrière) et personnelle (voyages et rencontres).
  • Lier la langue à leur quotidien (l’inciter à  regarder des séries, à écouter des podcasts ou à lire des livres dans la langue cible)
  • Lui expliquer des anecdotes liées à la langue et  à la formation supérieure qu’il suit. Par exemple, dans le cas  d’étudiants en marketing, montrer des erreurs de traduction dans des campagnes internationales.


  1. L’âge de l’étudiant

La plupart des étudiants  étant jeunes, nous pouvons considérer qu’ils n’ont pas de difficulté  particulière à étudier et mémoriser de la matière. Il ne faut cependant pas oublier que de plus en plus d’adultes suivent également des cursus scolaires. Pour les plus âgés, l’apprentissage peut prendre un peu plus de temps.

  1. Le niveau moyen de départ 

Il est nécessaire de connaître le niveau de départ des apprenants, car plus les paliers du CECRL sont élevés, plus il faut de temps pour passer au suivant. C’est le cas par exemple du palier C1 à C2, qui nécessite en moyenne 400 à 500 heures de travail, alors que le passage du A1 au A2  peut être réalisé avec seulement 100 heures de travail. Pour connaître le niveau des étudiants en début de formation, vous pouvez vous aider d’outils tels qu’ELAO.

  1. Le contexte d’apprentissage

Le contexte d’apprentissage a également une influence sur la vitesse d’apprentissage d’un étudiant. Plusieures composantes peuvent entrer en compte, notamment  : 

  • La culture : certaines cultures incitent beaucoup plus à l’apprentissage de langues étrangères que d’autres. Les anglophones prennent par exemple moins au sérieux l’apprentissage d’une langue puisqu’ils connaissent déjà la langue internationale.
  • La localisation : les étudiants qui se trouvent à la frontière de deux régions linguistiques sont souvent plus motivés  à apprendre les deux langues concernées.
  • La politique du pays : les pays qui ont plusieurs langues officielles incitent souvent leurs citoyens à les maîtriser toutes. 
  • La mondialisation : l’anglais est devenu la langue de référence à travers le monde, son apprentissage est encouragé et les étudiants sont plus motivés à l’apprendre. 

Pour conclure

La pyramide proposée ici est un excellent point de départ pour évaluer la charge de travail nécessaire au passage d’un niveau de langue à un autre. C’est aussi un bon indicateur pour définir les objectifs des étudiants selon les heures de travail disponibles dans le cadre du cursus de sa formation. Attention cependant à prendre en compte le contexte réel dans lequel évolue l’étudiant et à adapter les objectifs en conséquence. C’est en définissant des objectifs SMART (Spécifiques, Mesurables, Atteignables, Réalistes et Temporels) que le pédagogue permettra à l’étudiant de profiter le plus pleinement de sa formation.

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