21/08/2026

Quel niveau d’anglais exiger d’un candidat ?

« Anglais courant exigé ». « Niveau B2 minimum ». Cette ligne de votre fiche de poste a probablement été recopiée d’une offre précédente, elle-même recopiée d’une autre. Personne ne l’a jamais calculée, et elle écarte chaque année des candidats que vous auriez recrutés si vous aviez su à quelle distance réelle ils se trouvaient de votre besoin.

La réponse courte tient en deux constats. Le premier : les entreprises qui mesurent vraiment le niveau de leurs candidats, au lieu de le lire sur un CV, ne fixent pas leur seuil à B2. Elles le fixent au milieu du niveau B1. Le second explique le premier : l’échelle du CECRL, avec ses six niveaux de A1 à C2, n’a pas été conçue pour arbitrer un recrutement. Elle est trop large pour cela. Entre un candidat qui vient tout juste d’entrer en B1 et un candidat sur le point de passer en B2, il y a de l’ordre de 150 à 200 heures de formation, et pourtant les deux écrivent « B1 » sur leur CV et ressortent « B1 » de la plupart des tests.

Cet article vous montre comment lire cet intervalle, ce que coûte réellement chaque cran de progression selon l’endroit où se trouve le candidat, et comment fixer le seuil de votre prochaine fiche de poste sur autre chose qu’une habitude.

Les six niveaux du CECRL ne suffisent pas à décider

Le Cadre européen commun de référence pour les langues décrit six niveaux, de A1 à C2. C’est le seul langage commun dont dispose le marché, et à ce titre il rend un immense service. Mais il a été construit pour décrire des compétences, pas pour classer des candidatures.

Le problème est celui de la largeur des cases. En reprenant les volumes horaires publiés par Cambridge English, il faut de l’ordre de 350 à 400 heures cumulées pour atteindre B1, et 500 à 600 heures pour atteindre B2. La case « B1 » recouvre donc à elle seule un intervalle de 150 à 200 heures, soit une année entière de cours du soir. Deux candidats situés aux deux extrémités de cette case n’ont pas les mêmes capacités en réunion, et votre outil de mesure ne vous le dit pas.

Tout le secteur a buté sur cette limite et chacun a improvisé sa solution. Certains fournisseurs écrivent B1+, d’autres B1.1 et B1.2. Aucune de ces notations n’est normalisée. B1+ signifie « un peu au-dessus de B1 » sans préciser de combien, et un B1.1 ne recouvre pas la même réalité d’un fournisseur à l’autre. Vous ne pouvez donc pas comparer deux candidats évalués par deux prestataires différents.

ELAO a fait le choix d’un découpage systématique : quatre sous-niveaux à l’intérieur de chaque niveau, notés B1.00, B1.25, B1.50 et B1.75, appliqués de la même façon à tous les niveaux et à toutes les langues. C’est ce que recouvre la formule « précision au quart de niveau CECRL ». Un candidat B1.75 se trouve aux trois quarts du chemin entre B1 et B2, un candidat B1.00 vient d’y entrer.

Le besoin de finesse va parfois plus loin encore. L’Alliance française d’Atlanta a développé un découpage comportant 35 à 36 sous-niveaux, avec jusqu’à huit paliers à l’intérieur d’un même niveau, B1.1, B1.2 et ainsi de suite jusqu’à B1.8. Une institution ne construit pas un tel dispositif par goût de la complexité, mais parce que six cases ne permettent pas de constituer des groupes homogènes ni de prendre des décisions individuelles.

A retenir : le CECRL vous donne un langage commun, il ne vous donne pas une précision de décision. La question n’est pas de savoir si un candidat est B1, mais où il se situe à l’intérieur de B1.

Le seuil que fixent les recruteurs qui mesurent

Une fois qu’on dispose de cette finesse, le comportement des recruteurs change. Parmi les entreprises qui utilisent ELAO dans leur processus de recrutement, le seuil le plus souvent retenu est B1.50, c’est-à-dire le milieu du niveau B1. Pas B2, alors que B2 est ce que la quasi-totalité des offres d’emploi affiche.

L’écart entre ces deux chiffres mérite qu’on s’y arrête. Il ne traduit pas une exigence plus faible, ces entreprises recrutent sur des postes où la langue compte réellement. Il traduit le fait qu’à partir du moment où l’on voit qu’un candidat est à mi-parcours du niveau B1 plutôt qu’au tout début, on ne prend plus la même décision.

Une observation interne portant sur environ 350 candidats évalués en contexte de recrutement va dans le même sens : 20 à 25 % d’entre eux se situaient dans la moitié haute du niveau B1, entre B1.25 et B1.75. Cet échantillon n’a pas valeur d’étude statistique, mais l’ordre de grandeur est parlant. Un candidat sur quatre se trouve dans la bande immédiatement située sous B2 et ce sont ces talents qui pourraient être vos futurs pépites moyennant une courte formation.

Ce que coûte réellement un cran de progression

Les référentiels publics raisonnent en niveaux entiers, ce qui les rend inutilisables pour arbitrer entre deux candidatures. Les données de terrain de notre partenaire, Accent Languages, l’organisme de formation à l’origine d’ELAO, permettent d’analyser concrêtement cette situation.

Sur un volume de 32 heures de formation avec un formateur, hors heures de révision personnelle, la progression observée dépend fortement de l’endroit où se trouve l’apprenant.

  • En niveaux A, ces 32 heures font gagner un quart de niveau le plus souvent, et jusqu’à deux quarts chez les apprenants les plus assidus. Un candidat situé à mi-parcours de A2 peut donc atteindre B1 en un seul cycle de formation.
  • En niveaux B, les mêmes 32 heures font gagner un quart de niveau le plus souvent, et parfois aucune progression mesurable sur l’échelle. Un candidat situé au milieu de B1 demande donc deux cycles au minimum pour atteindre B2, sans garantie de résultat.

A retenir : la progression ralentit précisément là où les recruteurs placent leur seuil. Exiger B2 quand le poste se satisfait du milieu de B1 ne coûte pas un cran d’exigence, cela peut coûter plusieurs mois de formation et une partie de votre budget.

Ce ralentissement a une explication pédagogique. En niveau A, l’apprenant acquiert des structures et du vocabulaire de base, chaque heure de formation produit un gain visible. En niveau B, il consolide, nuance et gagne en précision, et ces acquis s’installent plus vite qu’ils ne se mesurent. C’est aussi pourquoi un apprenant en niveau B a le sentiment de stagner alors qu’il progresse, sur une échelle trop grossière pour le lui montrer.

Ce que votre seuil vous coûte vraiment

Reprenez votre dernière offre pour un poste avec de l’anglais et posez-vous ces questions dans cet ordre.

  • Que devra faire la personne, concrètement, en anglais ? Comprendre une réunion sans y intervenir beaucoup relève de B1. Animer cette réunion et défendre un point de vue relève de B2. Négocier un contrat complexe relève de C1. Les trois exigences n’ont pas le même prix sur le marché du travail.
  • À quelle fréquence ? Une compétence utilisée deux fois par mois se maintient mal et se rattrape vite. Une compétence utilisée quotidiennement justifie un seuil plus haut, parce que le poste lui-même fera progresser la personne.
  • Combien de candidats votre seuil actuel élimine-t-il ? Si un quart de vos candidats se situe dans la moitié haute de B1, un seuil placé à l’entrée de B2 divise votre pannel de talents sans que vous en ayez conscience, faute de voir où se trouvent réellement les recalés.
  • Êtes-vous prêt à financer l’écart ? Deux crans de progression en niveau B représentent de l’ordre de 64 heures de formation. C’est un budget identifiable, à comparer au coût d’un poste qui reste ouvert trois mois de plus.

Cette dernière question est celle qui change tout. Un seuil d’exigence n’a de sens que rapporté à ce qu’il coûte de le franchir. Sans mesure fine, vous ne pouvez ni le chiffrer, ni le défendre en interne. Avec elle, écarter un candidat devient un arbitrage explicite entre un délai de recrutement et un budget de formation. Si vous souhaitez voir ce que donnerait cette lecture sur vos propres candidatures, vous pouvez nous contacter pour une démonstration gratuite d’ELAO.

Pourquoi la fiabilité de la mesure conditionne la décision

Tout ce qui précède ne tient que si la mesure est fiable. Un quart de niveau est une unité fine, et une unité fine mal mesurée ne vaut rien.

Trois éléments la rendent exploitable. Le premier est la profondeur du test : le test ELAO comporte entre 80 et 121 questions selon le type de test ELAO retenu. Cette densité est ce qui permet de resserrer le résultat au quart de niveau plutôt que de renvoyer un palier approximatif.

Le deuxième est la reproductibilité du résultat. Une étude menée avec le Forem, le service public de l’emploi et de la formation professionnelle en Région wallonne en Belgique, portant sur 18 000 évaluations, montre que dans 86,7 % des cas, l’écart est inférieur à un quart de niveau CECRL. L’unité sur laquelle vous fondez votre décision est donc stable, et deux candidatures reçues à plusieurs mois d’écart restent comparables.

Le troisième est le contrôle des conditions de passation. Le proctoring ELAO garantit que c’est bien l’apprenant inscrit qui passe le test, qu’il ne change pas d’écran, qu’il n’utilise pas son smartphone durant l’évaluation et qu’il n’est pas aidé par une tierce personne. Sans cette garantie, un résultat fin ne mesure que la qualité du traducteur en ligne utilisé pendant l’épreuve.

Le format se choisit ensuite selon le moment du processus. Pour trier un volume de candidatures avant les entretiens, ELAO Screening mesure la grammaire, le vocabulaire professionnel et la compréhension orale en 15 minutes. Pour valider un finaliste sur un poste où la prise de parole engage l’entreprise, ELAO Select ajoute l’évaluation de l’expression orale, en 25 minutes.

Ce que devient le score après l’embauche

Le résultat obtenu pendant le recrutement est aussi le point de départ le plus fiable dont vous disposerez pour piloter la formation de la personne recrutée. Si vous engagez un candidat à B1.50 sur un poste calibré B2, vous connaissez l’écart à combler et son ordre de grandeur en heures, et vous pouvez l’inscrire au plan de formation dès la première année. Au terme du cycle, une nouvelle mesure vous dira si l’objectif est atteint et sur quelle compétence la progression a eu lieu.

C’est une conversation très différente de celle que permet un bilan de formation classique, où prestataire et apprenant s’accordent à constater des progrès que personne ne sait chiffrer. Encore faut-il que les deux mesures soient prises sur la même échelle, avec le même test.

Questions fréquentes

Le quart de niveau est-il une norme officielle du CECRL ?

Non. Le CECRL définit six niveaux, de A1 à C2. Le besoin d’une granularité plus fine est ressenti par tout le secteur, et chacun y a répondu à sa manière, avec des notations comme B1+ ou B1.1 qui ne sont pas comparables entre elles. ELAO a choisi un découpage systématique en quatre sous-niveaux par palier, appliqué de façon identique à tous les niveaux et à toutes les langues, ce qui rend les résultats comparables entre candidats.

Faut-il baisser toutes les exigences au milieu du niveau B1 ?

Non. B1.50 est le seuil que retiennent le plus souvent les recruteurs qui mesurent, sur des postes où l’anglais est un outil de travail courant. Un poste de négociation internationale ou de représentation justifie un seuil plus élevé. L’idée est de choisir le seuil à partir des tâches réelles du poste plutôt que de le recopier.

Un candidat proche de B2 peut-il l’atteindre rapidement ?

Un candidat à B1.75 est à un cran de l’objectif, soit de l’ordre de 32 heures de formation avec un formateur, sachant qu’en niveau B la progression est plus lente et parfois non mesurable sur un seul cycle. C’est un écart finançable et planifiable, ce qu’un simple « B1 » sur un CV ne permet jamais de savoir.

Pourquoi la progression est-elle plus lente en niveau B qu’en niveau A ?

Parce que les acquis y relèvent de la consolidation et de la nuance plutôt que de l’acquisition de base. En niveau A, 32 heures de formation permettent souvent de franchir un cran et parfois deux chez les apprenants les plus assidus. En niveau B, deux crans d’un quart de niveau sur le même volume ne s’observent quasiment jamais.

Comment évaluer le niveau d’anglais d’un candidat sans allonger le processus ?

En plaçant le test avant le premier entretien, sur l’ensemble des candidats présélectionnés. Le test se passe en ligne, sans session à programmer, ce qui supprime l’attente propre aux certifications externes et évite les entretiens menés avec des profils hors seuil.

Conclusion

Votre prochaine fiche de poste vous demandera de choisir un niveau. Avant de recopier « B2 minimum », posez-vous les deux questions qui comptent : que devra faire cette personne en anglais, et combien d’heures de formation êtes-vous prêt à financer pour l’y amener ? Un candidat à un cran de votre seuil se recrute et se forme dans l’année. Un candidat à quatre crans, non. Sur une échelle en six niveaux, les deux s’appellent B1 et vous les refusez ensemble.

ELAO est un test de langue conçu par des linguistes, qui situe chaque candidat au quart de niveau CECRL, avec une stabilité de résultat documentée sur 18 000 évaluations. Vous pouvez nous contacter pour une démonstration gratuite d’ELAO et découvrir où se situaient réellement les candidats que vous avez refusés l’an dernier.